Conférence sur Les changements de la police judiciaire en Gendarmerie par le général de gendarmerie (2S) Jean-Pierre Bedou

9 octobre 2026

La police judiciaire d’hier et d’aujourd’hui Témoin de l’évolution de la police judiciaire à travers ses lectures et son parcours dans cette filière, il l’a étudié depuis ses débuts : « La police judiciaire en gendarmerie est très ancienne. Son origine remonte à l’édit du 25 janvier 1536 qui a permis à la Maréchaussée de s’occuper des affaires judiciaires. Ce n’est qu’en 1667 qu’une lieutenance civile est créée à Paris pour s’occuper de la sécurité urbaine. Cela marquera le début de la dualité des forces de police. »
Si la gendarmerie a longtemps été une force de police judiciaire adaptée au monde rural, pour ne s’occuper que de la petite délinquance, Jean-Pierre Bedou estime que c’est à partir des années 1970 et surtout 1975, avec la création des S.R. et leur implication dans les enquêtes de haut niveau, qu’elle s’est progressivement imposée comme un acteur reconnu et légitime dans le domaine de la police judiciaire.
Depuis, la gendarmerie a développé un pôle de compétences et de savoir autour du judiciaire. « Elle est devenue très compétente, l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) jouit d’une renommée internationale. Le CPPJ, devenu le CNFPJ, a considérablement élargi son offre de formation. Les enquêteurs ont été de mieux en mieux formés. La gendarmerie a véritablement réussi dans le domaine de la lutte contre la criminalité moderne. On observe maintenant une dominante de carrière dans la police judiciaire pour les officiers, ce qui témoigne du professionnalisme croissant au sein de l’institution ».
Son livre « Enquêtes judiciaires en gendarmerie, une constante émulation au fil des siècles avec la Police » s’adresse à tout le monde, mais aussi aux enquêteurs de gendarmerie. « Invité aux 50 ans de la S.R. de Rennes, les gendarmes ont été surpris de voir qu’avec peu de moyens, on avait réussi à que la gendarmerie puisse investir le domaine du judiciaire de haut niveau. Ils ignoraient que, parfois, pendant les planques, on s’habillait en civil, malgré les ordres. Ils devraient être intéressés de savoir comment leurs prédécesseurs ont travaillé pour en arriver là où ils en sont actuellement. »