Conférence : Situation internationale : entre inéluctable et conjoncturel, comment en sommes-nous arrivés là ? Par Elrick IRASTORZA, dans le cadre des Cafés géostratégiques (2 avril 2026)

16 avril 2026

En ce début de soirée du 2 avril, plus de quatre-vingts personnes ont répondu à notre invitation pour assister à la dernière conférence du cycle 2025-2026 des cafés géostratégiques à la MJC André Malraux de Castelnau, organisé par l’IHEDN/LR 12, l’ANOCR 34-12-48, l’ASAF 34 et l’UNC 34.

C’est un adhérent de l’ANOCR 34-12-48, notre ancien CEMAT, le général Elrick Irastorza, qui est notre conférencier du soir et qui va nous montrer que la guerre au Moyen-Orient était inéluctable. Il commence par nous présenter les 7 piliers de la violence : l’orgueil, la cruauté, les addictions, la paresse, l’avarice, la colère et l’envie et les 5 moteurs de l’humanité : la nourriture et les ressources vitales, la sécurité, les convictions religieuses, le racisme et les convictions et ambitions politiques. 

Seulement 28 pays parmi les 193 de l’ONU sont des démocraties ; actuellement ¼ des pays non pas accès à l’eau potable, 90% des musulmans sont sunnites mais parmi les 10 % de chiites, on en retrouve 80 % en Iran et en Irak : on voit que la situation internationale nous amenait inéluctablement à ce conflit.

En stratégie, c’est la géographie qui compte et notre conférencier nous montre différentes cartes où l’on voit que l’Iran c’est 3 fois la France, que Gaza c’est 375 km2, qu’Israël c’est 22000 km2 avec 9 millions d’habitants dont 7 millions de juifs, que la Crimée est pour Poutine le prolongement naturel de la Russie, que l’Ukraine a le Dniepr comme barrage naturel a une invasion complète et il termine par une vue sphérique de notre planète pour nous montrer le rôle important du Groenland. Puis le conférencier compare l’OTAN et le Pacte de Varsovie entre 1955 et 1991 avant la chute du mur de Berlin et le délitement du pacte alors que l’OTAN passe de 12 membres en 1949 à 32 en 2024. Dans le même espace- temps on passe à 9 milliards de smartphones pour 8 milliards d’habitants. C’est aussi l’avènement des drones de toutes les puissances et de toutes les tailles, permettant un nouveau combat. Pour lui les deux risques les plus importants pour nous amener à cette guerre inéluctable sont le risque humain et le risque politique avec 20 ans de rébellion houthie et tous les conflits africains avec une poussée islamique vers le golfe de Guinée. Les derniers coups d’État africains avec le Mali, la Guinée et le Burkina Faso favorisent une émigration vers l’Europe qui se heurte à l’entonnoir libyen actuel.

Le conférencier nous explique qu’il n’y a pas que l’Iran et l’Ukraine mais aussi Taïwan avec la mer de Chine, les Corées, le Pakistan et l’Inde, l’Azerbaidjan et l’Arménie et enfin l’Arunachal Pradesh revendiqué par la Chine. 

En conclusion, pour lui tous ces conflits peuvent amener à une attaque nucléaire dans ce conflit USA-Iran. Attaque légère par une frappe en altitude pour éviter les nombreuses propagations terrestres. Il s’appuie, pour que sa démonstration soit parlante, sur une frappe sur Montpellier avec le point zéro sur la Comédie avec une diapositive qui permet de visualiser l’étendue possible des dégâts.

Lors des questions, on revient sur la possibilité du départ des USA de l’OTAN et donc de l’avenir de la défense européenne. Pour le général, l’Europe ne pourrait pas repartir de zéro et s’appuierait obligatoirement sur les procédures otaniennes existantes pour développer sa défense.

L’heure passant trop vite, les organisateurs invitent les participants à rejoindre un pot de l’amitié où ils pourront continuer à poser des questions au conférencier.

Merci Mon général.

SLC